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205849_237500646290557_100000918695241_689457_2299-copie-1.jpgVoeux de la section PCF et élus communistes de Romans

jeudi 16 janvier 2014.

Jean-Marc DURAND.

 

Je voudrais tout d’abord vous remercier de votre présence en ce lieu qui est la maison des communistes de la localité. Lieu dans lequel bon nombre de responsables et autres acteurs de la gauche romanaise se sont rencontrés, lieu de débats vifs, parfois contradictoires et  dispersés mais lieu où se cherchent et se construisent des issues à un système capitaliste dont on ne dénoncera jamais assez les dégâts sociaux et environnementaux.

 

Permettez-moi à cet instant de présenter à toutes et à tous mes meilleurs vœux pour 2014, des vœux de bonheur, de prospérité et des voeux de pleine réussite pour les  projets de chacune et de chacun ainsi que pour nos entreprises communes.

 

Je  salue également la présence de la presse locale et je soulignerai à cet effet l’utilité du travail d’information de la presse. Mais dans le contexte présent, difficile d’ignorer le comportement d’une publication comme Closer qui est passée maître dans l’art de faire ses choux gras de ce qui  relève des caniveaux de l’information. Cela me permet de rappeler l’attachement du parti communiste à la protection de la vie privée et à la distinction entre ce qui relève de la vie privée et ce qui a trait à l’exercice d’un mandat public.

 

Vu la situation dans laquelle se trouve nos concitoyens et le pays, il y a beaucoup d’autres sujets sur lesquels se pencher et disserter. Car ce qui importe aujourd’hui c’est ce que vivent une majorité de gens, particulièrement ceux qui appartiennent au salariat et de ce point de vue on ne peut pas dire que 2013 aura été pour eux un grand cru de l’amélioration de leur condition.

 

Plus d’un million d’entre les moins riches se sont retrouvés imposables. Tous ont subi la mise en place de L’ANI, outil de dérèglementation du droit du travail et de précarisation des relations salarié/patron. Ils ont vu leur droit à la retraite à 60 ans une nouvelle fois reculer, ils ont vécu plus de 1000 plans de licenciements et une impossibilité à endiguer le chômage qui aura progresser en 12 mois d’au moins 350 000 unités. Ils auront vu le patronat être gratifié de 20 milliards d’euros au titre du Cice et ils auront trouvé dans la hotte du père  Noël la hausse des taux de TVA.

 

Finalement 2013 aura été une année de puissants reculs, une année de capitulations face aux exigences des marchés et du Medef. Malheureusement 2014 semble repartir sur les mêmes bases. C’est en tout cas ce qu’ont clairement laissé entendre les vœux du Président de la république confirmés par sa conférence de presse de Mardi où il présentait les grandes lignes de son pacte de responsabilité.

Sa principale annonce est 30 milliards de nouveaux cadeaux au patronat en supprimant le financement de la politique familiale par les entreprises et 55 milliards nouveaux de réduction de la dépense publique, exercice auquel les collectivités locales sont instamment priées de participer activement, étant même menacées d’être notée et récompensées selon les efforts qu’elles auront consenties. En 10 mois François Hollande aura accordé 50 milliards de cadeaux au Medef faisant le pari fou que les entreprises se décideront ainsi à investir et à créer de l’emploi. C’est la politique de l’offre selon les principes de Smith. En fait c’est de la fausse offre car comment faire de l’offre alors qu’on tue la demande ?

 

Au passage le Président fait du Medef son  interlocuteur privilégié, évinçant du débat économique et social, salariés et parlementaires.

 

Un nouveau palier libéral est franchi. L'Etat n'est désormais plus là pour corriger les excès du marché comme le veut la traditionnelle posture social-démocrate mais pour permettre au marché de dominer, d'asseoir la suprématie de ses intérêts sur l'ensemble de la société. Et F. Hollande insiste lourdement pour que tout le Parti socialiste s’engage à fond dans cette voie. Au nom de la compétitivité, il cherche à obtenir un consensus dans les entreprises (salariés/patronat) et dans la société, notamment dans les familles sur lesquelles ils jouent, tétanisées qu’elles sont par l'angoisse de la perte d‘emploi et de la disparition des quelques gardes fous sociaux qui leur reste.

 

Et pour faire avancer ses options, F Hollande choisit l’hyper présidentialisme, à en faire saliver Sarkozy lui-même. C'est ainsi qu'il va s'en pendre à la république et à son organisation, c'est ainsi qu'il bafoue la représentation nationale en voulant légiférer par ordonnance, et ignore la représentation syndicale.

 

Nous assistons à une inflexion majeure de la politique de la gauche dans notre pays, avec une volonté des premiers responsables de l’Etat de s’arrimer aux standards économiques et sociaux de l’Allemagne ce qui vaut d’ailleurs à notre Président les félicitations de plusieurs personnalités de la CDU. A un point tel que la droite française n’en revient pas et se trouve elle-même embarrassée n’ayant plus à se mettre sous la dent que des questions de rythme et de capacité à atteindre de tels objectifs.

 

Difficile en effet d’en dire plus face à un tel acharnement à ouvrir toutes les vannes du profit au Medef. Une précision parue dans le monde d’hier soir en fournit une nouvelle preuve. En effet si les entreprises ne financent plus la politique familiale, ce sera une dépense en moins et donc des résultats à la hausse ce qui se traduirait normalement par une progression de leur impôt sur les sociétés. Et bien non. Tout a été te prévu. Une baisse du taux de l’IS sera proposée en compensation. 

 

Ce tournant historique de la politique de la gauche dans notre pays intervient alors que les 6 premiers de 2014 vont être marqués par deux élections importantes : les municipales et les européennes. Pour le moins que l’on puisse dire, c’est que l’environnement créé par de telles annonces n’est pas des plus emballant. Si la droite est embarrassée, l’électorat de gauche a de quoi être déboussolé. Il se sent floué et ne sait plus à qui s’en remettre. De quoi en effet rendre quelque peu ardu le chemin à parcourir pour venir voter aux municipales pour des listes de rassemblement à gauche avec le parti socialiste et de quoi faire dire à certains que les communistes seraient un peu schizo que d’avoir choisi de faire alliance au premier tour avec le PS.

 

Il est compréhensible que de telles questions se posent. Mais brièvement j’y répondrais en disant que le parti communiste ne se résout pas et ne se résoudra pas à laisser la place aux candidats de l’UMP ou autre Front national. Nous y avons fait et nous y ferons toujours obstacle.

 

Le parti communiste ne se résout pas et ne résoudra jamais à laisser notre société et sa représentation politique de gauche dériver toujours un peu plus à droite. Et je dirai même que plus au sommet s’ouvre les voies de droite, plus nous nous emploieront sur le terrain à créer les conditions du plus large rassemblement pour faire face aux difficultés de vie des gens et pour y apporter ensemble les réponses appropriées. C’est ainsi que nous voulons être utiles à notre peuple, utiles à toute la gauche, utiles pour recréer les conditions d’un vrai changement à gauche et pour les communistes, cela se travaille dès le niveau local souvent d’ailleurs avec plus de possibilités et de réalisme car là chacun est confronté directement aux citoyens- électeurs.

 

Et enfin le parti communiste ne se laissera pas marginaliser face à des ambitions de bipartisme à l’américaine dont on sait qu’elles sont la matrice de projets politiques réfléchis au plus haut niveau.

 

Pour le parti communiste, l'heure n’a jamais été autant au rassemblement de toute la gauche qu’en cette période. Nous voulons tendre la main à toutes celles et à tous ceux qui ont clairement conscience qu’au delà des questions partisanes il y a un besoin vital pour notre pays et son peuple, pour notre localité et pour tous le habitants de la cité de Jacquemart de retrouver au plus vite les voies d'une politique de gauche efficace, durable et radicale.


Et ce rassemblement, si nous ambitionnons de la construire dans le dialogue avec les autres forces politiques de gauche, doit avoir pour point d’ancrage l’intervention et l’action des salariés, des citoyens à partir de propositions et de contenus représentatifs d’un autre cap à gauche. Et c’est cette articulation entre construction de proximité, espoirs de vivre mieux de nos concitoyens et action de terrain, entre lutte sur les lieux de travail, dans la cité et intervention dans les institutions qui permettra de cimenter le rassemblement et d’en faire une force incontournable jusqu’à la mise en place d’un gouvernement agissant vraiment dans l’intérêt de ceux qui l’ont porté au pouvoir.

 

A Romans et dans tout le bassin d'emplois local, à Romans et dans le cadre de la préparation des prochaines élections municipales c’est dans cet état d’esprit que se situent les communistes et les candidats communistes. C’est ainsi qu’ils conçoivent de se mettre au service des intérêts de leurs mandants et de l’ensemble de la population. Merci de m’avoir écouté, et encore une fois tous mes meilleurs pour cette nouvelle année.

 

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